Le métier de cordonnier

J’ai retrouvé un texte écrit en 1979 par un certain Normand Blais, alors étudiant au collège du Nord-Ouest à Rouyn. Ce texte porte sur le métier que mon grand-père exerçait, i.e. le métier de cordonnier. C’est un travail académique qui a son intérêt, je me permets de le reproduire ici en entier. On se rend compte qu’un cordonnier avait un rôle fort important à l’époque de la colonisation, et surtout avant la mécanisation des travaux de la ferme.


INTRODUCTION

L’étude des métiers traditionnels nous renseigne sur le genre de vie sociale que l’on y vivait à une époque correspondante. L’analyse du métier de cordonnier nous permet de cerner, ou du moins, de visualiser dans une certaine mesure le rôle social que ce dernier joue. C’est donc pour mieux comprendre la société que l’on en étudie les constituantes. Un modeste cordonnier de village, Rosaire Douaire, nous renseigne sur son métier.

Voyons qui est cet homme? D’où vient-il? Que fait-il, enfermé dans son atelier, parmi des outils que l’on ne rencontre pas ailleurs?

BIOGRAPHIE

A. Qui est-il?

Rosaire Douaire est né le 8 novembre 1905 à Lorrainville, petit village du Témiscamingue. Son père, Isaïe Douaire, et sa mère, Florida Lambert, habitaient Saint-Didas, une petite localité près de Joliette. Son père était cultivateur de son métier, il a travaillé une bonne partie de sa vie sur une terre de roche. Comme plusieurs l’ont fait à cette époque, Isaïe s’exila vers les Etats-Unis, où lui et sa femme eurent deux enfants pendant les six ans qu’ils restèrent là-bas.

Les parents de Rosaire parvinrent à amasser, de peine et de misère, la somme de$100.00 et décidèrent de revenir a Saint-Didas avec l’intention de s’installer au Lac Saint-Jean. Peu à peu, le Témiscamingue commençait à les intéresser et décidèrent enfin de venir s’y installer.

À son arrivée au Témiscamingue, Isaïe et sa famille durent faire face aux nombreux problèmes que posent les débuts de la colonisation. Rosaire fit ses études à Lorrainville jusqu’à l’age de douze ans. Après quoi, il alla étudier deux ans au Collège Sacré-Coeur de Sudbury. À cause des rhumatismes de son père, Rosaire dût abandonner ses études pour donner un coup de main à la ferme. A l’âge de 19 ans, il travaillait dans les chantiers de bûcherons pour aider à la survivance de la famille.

Rosaire avait déjà commencé, depuis l’age de 16 ans, à s’initier au métier de cordonnier; il voulait un passe-temps, il en fit sa vie.

B. Apprentissage

C’est un certain monsieur Hamest qui initia Rosaire au métier de cordonnier. À l’époque, il n’y avait pas de moulins pour coudre on achetait le cuir chez le tanneur puis on l’installait sur des montures et on faisait des souliers.

LA CORDONNERIE

A. Son érection

A l’âge de 23 ans, Rosaire vint s’ installer Béarn qui est une petite municipalité voisine de Lorrainville. Il voulait s’établir sur une ferme et, éventuellement, y fonder une famille. L’année suivante, il se marie avec une fille de la place qui répondait au nom de Pauline Morin. À cette époque, la cordonnerie n’existait pas; elle ne viendra qu’une dizaine d’années plus tard. Rosaire se contentait de réparer les souliers et vêtements de la famille avec l’aide d’un moulin qu’il avait installé dans sa cave. De plus, ses connaissances dans ce domaine lui apportèrent beaucoup d’aide pour la réparation de selles et de harnais; car cette époque les travaux de la ferme s’effectuaient grâce aux chevaux.

Peu à peu, les parents proches et les amis vinrent faire effectuer de petits travaux de sellerie et de cordonnerie par monsieur Douaire. De fil en aiguille, tous les habitants de la paroisse apportèrent chez monsieur Douaire, tout ce qui était de cuir et qui avait besoin de réparations. Rosaire décida donc d’annexer un petit atelier à sa maison afin de faciliter ses travaux et ses rapports avec la clientèle. Aujourd’hui, tout le monde de la paroisse de Béarn connait Rosaire Douaire et vient, un jour ou l’autre, à, sa boutique qui a su garder un cachet pittoresque.

B. Son rôle

Alors qu’aujourd’hui nous vivons dans une société « de jeter après usage », il fût un temps où la cordonnerie jouait un rôle social primordial. Tous les travaux de la ferme, ainsi que les travaux forestiers se faisaient l’aide de la force animale. Monsieur Douaire raconte qu’un hiver, il y avait 57 attelages complets qui attendaient sur son perron pour se faire réparer.

Les habitants de la paroisse se chaussaient chez le cordonnier; il n’était pas question de mode, on portait des « souliers de boeufs », qui étaient confortables et fonctionnels. Aujourd’hui les modes changent et les gens ne prévoient pas acheter une paire de souliers pour 20 ans.

D’ailleurs son atelier est à vendre. Il dit que ça ne vaut plus la peine de réparer des souliers à cause du prix exorbitant du cuir ($3.70/pi2) et des morceaux de machines qui coûtent une fortune .

LES OUTILS ET MATÉRIAUX

A. Outils d’antan et modernes

L’outil principal du cordonnier, c’est le moulin. Monsieur Douaire préfère de loin le moulin à pédales qui permet un meilleur contrôle de la vitesse d’exécution.

Ce moulin date de 1942.

Sur la page suivante, nous apercevons un moulin spécial pour coudre les semelles de souliers. I’usage de cet instrument demande une certaine force physique, car on doit pousser fortement sur le soulier pour permettre une bonne prise de l’aiguille sur la semelle.

Ce qui frappe le plus, parmi les outils du cordonnier, la panoplie de marteaux que l’on y rencontre. De formes variées,ils permettent d atteindre les endroits les plus inaccessibles à l’intérieur du soulier.

La photo suivante montre un instrument pour couper le cuir.

À remarquer la quantité de brosses qui servent à polir, à lustrer ou à nettoyer le soulier.

B. Cuirs et synthétiques

Face au marché actuel des produits synthétiques, le cuir devient presque du luxe. Les grandes industries de la chaussure de concert avec les producteurs de produits synthétiques ont envahi le marché de la chaussure. L’acheteur moyen se laisse facilement leurrer par l’aspect esthétique qu’il valorise aux dépens de la qualité et de la durabilité.

Les marchands de cuir tirent le maximum de la peau d’une bête; ils n’agissent qu’en fonction de la rentabilité et du profit. Le cuir vendu au cordonnier et aux industries de la chaussure est souvent très mince et n’offre pas les qualités du cuir d’antan.

Comme on dit « Autre temps, autres mœurs ». La vie rude de nos aïeuls exigeait des souliers forts et durables, donc, un cuir solide et épais. Le confort de la vie moderne a porté l’accent sur l’esthétique et l’imagination artistique.

Le métier de cordonnier doit s’adapter aux exigences de la société moderne. D’ailleurs monsieur Douaire constate que les colles pour le cuir n’offrent pas un rendement adéquat lorsqu’il s’agit de les appliquer sur des synthétiques.

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Une photo des déménagements de maison de mon grand-père

J’ai finalement trouvé une photo documentant les déménagements de maison que mon grand-père effectuait… et cette photo représente non le moindre des déménagement de maison. Il s’agit du déménagement de la maison des Duquette à Saint-Placide-de-Béarn, une maison de deux étages.  Sur la photo, on note plusieurs choses: d’abord, le camion qui transporte la maison; ensuite, le fait qu’elle soit précédée d’un bulldozer; enfin, la clôture couchée du côté gauche du champ, afin de laisser passer la maison.

Et aussi, pour illustrer le propos, une photo de Rosaire (l’auteur de ce déménagement) et Pauline, son épouse.

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Post-Scriptum au dossier de l’eau minérale de Saint-Léon

De nos jours, la source de Saint-Léon se trouve sur un terrain privé. Je n’encourage personne à y aller car, en définitive, on comprend le propriétaire de ne pas vouloir être dérangé quotidiennement par des passants qui désirent voir la source… D’autant plus que, finalement, l’eau de la source risque de décevoir la majorité des visiteurs…!

Sur le site, il reste donc des traces des installations — un kiosque, ainsi qu’une structure ressemblant à un puits:

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La source se jette dans la rivière à un endroit tout à fait bucolique – il s’agit de la rivière du loup:

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Voici les escaliers qui mènent à la source, ils sont situés vis-à-vis le kiosque, en contrebas de la rivière du Loup:

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Et la source en elle-même :

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Comme on le voit d’après les traces sur le béton, c’est une eau qui possède de toute évidence une teneur en soufre élevée. L’eau a une forte odeur d’œufs pourris, rien qui ne donne le goût de la boire. Ceci étant dit, est-ce que la source, il y a 50 ans, avait cette teneur et ce goût?

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Un système ingénieux et canin

La vie sur les fermes, au début du 20ième siècle au Québec, était difficile.  C’était particulièrement vrai dans ces régions en développement comme le Témiscamingue, car tout y était à faire – défrichement, installation, subsistance et tout.

Dans le petit village de Béarn, au Témiscamingue, dans la province de Québec, les chiens étaient mis à contribution. Ils grimpaient dans des roues et, un peu comme nos hamsters de compagnie, ces chiens couraient dans des roues de bois et fournissaient le travail requis pour baratter le beurre ou écrémer le lait.

Un tel fait est peu connu. Des recherches sur Google ou dans la littérature ne donnent presque rien. De ce que je comprends, la contribution des chiens, de ce point de vue, est passée inaperçue à ce jour. Elle s’est produite surtout au 19ième siècle, avant l’arrivée des moteurs à combustion et les moteurs électriques. Est-ce que cela était une particularité de certaines régions du Québec, ou est-ce que cela se faisait un peu partout, je l’ignore. Mais on trouve quelques références dont voici deux exemples.

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Chien dans une route entraînant une machine à coudre, système breveté par Heinrich Feldt en 1888.

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Alternativement, au lieu d’un chien courant dans une roue, certains chiens étaient attelés à des ponts roulants fournissant eux aussi une puissance motrice, souvent pour baratter le beurre ou écrémer le lait.

Mon grand-père, inspiré par les mécanismes alimentés par la puissance canine utilisés en particulier pour les travaux reliés à la laiterie, avait décidé d’aider la famille dans ses nombreuses tâches quotidiennes.  Il a donc construit une roue en bois faisant environ 7 pieds de diamètre, installée dans le sous-sol de la maison familiale, et dans laquelle un chien pouvait courir, fournissant l’énergie nécessaire pour activer la laveuse à linge qui s’opérait à l’aide d’un levier.

Essayons de décrire ce système. Tout d’abord, voici ci-dessous  ce à quoi ressemblait une machine pour laver le linge en ce début de 20ième siècle.

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Il s’agissait ni plus ni moins d’un baril assez bas, dont certaines des planches (ou douelles) formaient les pattes. Le levier se déplaçait de gauche à droite, mouvement transformé en rotation par un système pignon et crémaillère. C’est ce mouvement, très similaire à celui de nos machines actuelles, qui lavait le linge. On imagine la tâche colossale du lavage pour une famille de 14 enfants à l’aide d’un tel appareil… Le danger d’un tel système aussi est réel: mon père rapporte le cas d’un enfant qui, intrigué par le bouchon du baril (visible ci-dessus), tira dessus: il fut renversé par un jet d’eau bouillante et décéda après des jours d’atroces souffrances…

Revenons au système activant ce genre de laveuse à levier. Ci-dessous, un croquis effectué par mon père décrivant le système.

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La première roue au sous-sol est celle dans laquelle le chien court. Les côtés de la roue sont ouverts mais du grillage identique à celui utilisé dans les poulaillers évite que le chien ne se blesse sur les mécanismes tournant du système. Le chien court donc dans cette roue sur des planches montées transversalement, et cette roue est solidaire d’une première poulie formée de plusieurs épaisseurs de planches clouées à 90 degrés et taillées en rond. Cette poulie entraîne une seconde poulie plus petite via une courroie de cuir, laquelle comporte un levier décentré (c’est lui qui transforme le mouvement circulaire en mouvement de va-et-vient) qui passe par une ouverture du plancher pour s’arrimer au levier de la machine à laver. Au besoin, on peut refermer l’ouverture dans le plancher. La roue canine est fixée contre la fondation de la maison d’un côté, et est soutenue par une poutre verticale de l’autre côté. Une partie du grillage de la roue comporte une porte avec penture et loquet pour faire entrer et sortir le chien.

Voici en plus de détails la roue canine, vue de face et vue latérale:

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Un second système permet de contrôler la vitesse à laquelle le chien court dans la roue, ou pour l’arrêter complètement. Il s’agit de deux planches montées à l’intérieur de la roue, et fixées sur l’axe de la roue qui n’est pas solidaire de la roue tournante. Ces deux planches montées à 90 degrés peuvent être ajustées de façon à ralentir le chien ( en l’empêchant de grimper trop « haut » dans la roue) ou à l’encourager d’aller plus vite ( en le forçant à aller plus « haut » dans la roue). Cet ajustement se fait via deux broches ou cordes qui, elles aussi, passent par une ouverture dans le plancher. La planche pour encourager le chien à aller plus vite comporte des petits clous pour être plus convaincante… lesquels piquent le derrière du chien s’il ne court pas assez vite.

Voici un croquis décrivant ce système de contrôle de vitesse:

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C’est ainsi qu’on lavait le linge chez Rosaire et Pauline dans les débuts, dans les années 1930… on imagine qu’un tel système complexe a dû nécessiter des ajustements, des essais, une infinie patience… Le système fut utilisé pendant plusieurs années. Mais bientôt, la motorisation devenait disponible et un tel système n’était plus nécessaire. L’antique laveuse à linge à levier fut remplacée par une machine à laver de marque Horton entraînée par un moteur à essence. Un voisin acheta la roue canine.

Horton

Cette laveuse comporte donc un moteur à essence, et on le démarre en appuyant sur une pédale métallique… le grand progrès!

 

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Les yeux levés aux cieux

Jean-Marie Cossette, propriétaire de la compagnie Aviation Point du Jour Limitée, avait monté un modèle d’affaires bien particulier. Laissons la BANQ nous décrire leur modus operandi:

La mission de la compagnie est de photographier, à partir d’avions ou d’hélicoptères, à basse altitude, les régions rurales, particulièrement les maisons de ferme et leurs bâtiments, village par village, et de vendre ces photographies, par l’intermédiaire de représentants, suivant une sollicitation de clientèle faite à domicile, aux agriculteurs propriétaires.

Depuis l’avion, on photographie donc des bâtiments, des terrains, des paysages. Parfois, par accident, on finit par immortaliser les passants, des résidents qui, surpris par un avion volant si bas, lèvent les yeux vers les cieux… Ces cas sont intéressants – autant de tranches de vies ordinaires dans le plat pays agricole et les petits villages qui somnolent sous le soleil écrasant de l’été. Moments des années soixante-dix et quatre-vingts figés pour l’éternité.

Chaque hyperlien sous l’image retourne à l’originale de la BANQ, la cote étant bien identifiée dans le nom de l’image.

* À Saint-Nazaire-d’Acton, trois motards lèvent les yeux au ciel et observent l’avion.

1* Trois hommes dans la cour d’une entreprise d’excavation observent l’engin d’acier qui passe.

3

* Portrait de famille autour de voitures garées.

7

* Deux silhouettes, un garage.

8

* À tracteur à couper le gazon.

11

* On salue les vrais, le bras en l’air. Petite roulotte qui s’asseoie.

37

* On lave l’asphalte.

38

* On gaz le char.

41

* À la plage, avec une chaloupe.

26

* À la table à pique-nique.

24

* Salutations, bien haut

19

 

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Le pont Legault, au Grand Marais – Sainte-Martine

Comme plusieurs des articles que je publie ici, tout commence par une balade en voiture, un peu au hasard des routes, quelque part à Sainte-Martine en Montérégie.

Depuis le rang du Grand Marais, j’aperçois en contrebas de la route un pont passablement dégingandé. Rapidement, je constate que ce pont est enclavé derrière des terrains privés, sans route pour s’y rendre – il est donc abandonné. Il est localisé à cet endroit où le ruisseau du Grand Marais se jette dans la rivière Châteauguay. Je ne vois aucun accès par route, je prends donc la photo que voici à une certaine distance:

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J’effectue quelques recherches rapides sur Internet: au niveau du Pistard de la BANQ, je trouve trois notices assez précises, les trois ressemblant à ci-dessous:

Pont sur la rivière Grand Marais à Saint-Paul-de-Chateauguay, 1ère concession, lots 23 et 24. Comté de Chateauguay / Jacques Vaillancourt . – 1951

Ça paraît être la bonne chose. En effet, en consultant l’application géomatique de la CPTAQ, je vois que ces lots identifiés ci-dessus correspondent à ce lieu où j’ai observé le pont. Le fait que ces photos aient une référence aux lots est assez exceptionnel, on ne voit guère cela.

CPTAQ-jpg

Comme les documents de la BANQ référents à ce pont ne sont pas numérisés, je les commande via un formulaire. Ils me sont rapidement livrés par courriel ( fantastique service!) moyennant quelques dollars. Je confirme que c’est effectivement le bon pont, tel qu’il était en 1951. Belle trouvaille! Voici donc ces trois images (E6,S7,SS1,P90144E6,S7,SS1,P90145E6,S7,SS1,P90146) tirées de la BANQ:
E6,S7,SS1,P90144

E6,S7,SS1,P90145

E6,S7,SS1,P90146La suite est d’aller consulter les actes notariés reliés au cadastre de cette région, puisqu’il risque d’y avoir des mentions de ce pont…

Effectivement, et comme c’est souvent le cas, j’arrive à déterminer que ce pont se nomme le pont Legault, du nom du propriétaire de la terre près duquel il est érigé, le lot 24, un certain agriculteur nommé Olier Legault. Cet acte du 27 janvier 1925 (minute 48638 du comté de Châteauguay) vise un changement de tracé du « chemin du roi », que je présume être l’ancien nom du chemin du Grand Marais. On y mentionne :

(…) Changer le tracé du chemin du roi passant sur la partie dudit numéro vingt-quatre, comme suit, savoir: à partir de trois arpents et cent vingt-six pieds du pont dénommé « Pont Legault », (…)

Voilà donc pour le pont Legault. En observant la chaîne de titres de ce lot, on note que la famille Legault occupe ce coin de territoire depuis des dizaines d’années, comme c’était coutume à l’époque. La famille voisine, les Dubuc, dont le nom est mentionné dans le même acte notarié, en la personne de Monsieur Beauséjour Dubuc, ont eux aussi donné leur patronyme au rang et au pont tout à côté.

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Déménagement de maisons…suite

Dans l’article relatant les histoires de déménagement de maison effectués par mon grand-père, je parlais de vérins pour soulever les maisons. Ces vérins permettaient de glisser sous les maisons des patins pour qu’elles puissent être tirées, ou encore, de faire monter ces maisons suffisamment haut afin qu’elles puissent être déposées sur une « float » et tirées par un bulldozer.

Voici donc le vérin en question. Il s’agit de ce qu’on nomme un « bottle jack » ou un « screw jack », i.e. un vérin en forme de bouteille. Mon grand-père en possédait deux autres:

Vérin à vis

La taille de cet outil est d’environ 18 pouces de haut. Il est fabriqué en fonte massive. Il possède trois œillets qui permettent de glisser une barre d’acier qui, à son tour, permet de tourner le vérin et de lever la charge. Avant d’utiliser un tel vérin, il fallait de le graisser abondamment afin que les filets de la vis soient faciles à mouvoir. On utilisait pour ceci de la « graisse de roue ».

Apparemment, mon arrière-grand-père Morin possédait des vérins qui étaient deux fois plus hauts — leur poids était si grand qu’une personne suffisait à peine à les porter…!

De tels vérins valaient environ 8 dollars vers 1930, comme en fait foi la publicité ci-dessous.

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